Le bonheur au travail

Quelques entreprises ont initié ces changements et se targuent de penser la gestion des humains dans une « culture du bonheur au travail ». Ces organisations ont semble-t-il pris en compte le fait que l’individu ne veut plus sacrifier sa vie et sa santé sur l’autel du travail et ont aboli en leur sein toute forme de hiérarchie pyramidale, les cadres intermédiaires devenant des soutiens et non plus des policiers qui guettent le faux pas. Certaines de ces entreprises ont même signé une charte du WorkSmart.

 

Ces agents du changement ne parlent plus de « Gestion des Ressources Humaines » (GRH) mais de "Gestion du Capital Humain" (GCH) ce qui implique une complexité accrue dans la gestion opérationnelle vu la nécessité de trouver des solutions individualisées et novatrices. On observe aussi que la notion de « GCH » se précise au sein d’autres organisations. Il semblerait que la Suisse a une longueur de retard dans ce domaine mais on peut observer des initiatives permettant d’améliorer l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle. En effet, pour la 5ème fois consécutive la journée nationale du travail à domicile, le « Home Office Day » s’est déroulée en mai 2014, un article de 2013 s’intéressait déjà à cette question[1]. Ce mouvement est aussi en marche en Suisse mais de façon très sporadique. Pour la grande majorité des organisations cela n’est pas du tout à l’ordre du jour[2].

 

En étudiant les organisations qui ont initié ce mouvement, on comprend que les managers et les professionnels des RH se présentent comme deux leviers par lesquels les changements s’opèrent. Leur intérêt étant d’atteindre un niveau dans lequel la performance humaine serait pleinement exploitée dans un double intérêt : l’épanouissement professionnel du travailleur et le succès des organisations. D’après eux, pour que ce changement puisse se faire dans les meilleures conditions il est essentiel que les mentalités des managers, des patrons et des acteurs de la GRH changent. Certaines entreprises osent maintenant miser sur le capital humain en offrant à leurs managers l’opportunité de se développer dans toutes les dimensions de leur personnalité et ne le font pas à perte puisque selon une étude d’Aubert, Crépon et Zamora (2007), cela a un effet sur leur rendement par une meilleure productivité des employés qui voient une diminution des risques de chômage et une augmentation de leurs salaires (Psacharopoulos, 2007). Pour ces entreprises, la notion de GCH (Gestion du Capital Humain) se précise mais elle ne suffit pas encore à ancrer sur le long terme les nouveaux comportements des managers qui sont la courroie de transmission de l’organisation. Pressés de toute part qu’ils sont par les supérieurs, les subordonnés, la direction et les clients et tenus de répondre à leur direction de l’atteinte de leurs objectifs, ils peinent à voir d’un bon œil cette nouvelle façon de penser la GCH. En effet, selon Hélène Mandalidis, cadre de formation aux CFF, « même si l’entreprise soutient ça fortement ça ne veut pas dire que la manager soutient obligatoirement ce que l’entreprise fait ».



[1] Le « Home Office Day » célèbre le télétravail.  http://www.jobtic.ch/Jobtic/detart.php?art=722&Lan=1

[2] Le télétravail fait-il peur aux entreprises ?  http://www.jobtic.ch/Jobtic/detart.php?art=723&Lan=1