Engagement professionnel Vs désengagement professionnel

Selon le sondage Gallup[1] concernant l’engagement professionnel des travailleurs français et allemands, on distingue trois types de catégories : seulement le 11% se lèvent le matin avec le sourire pour se rendre sur leur lieu de travail. Pour le 61% en France et le 58% en Allemagne, aller au travail signifie simplement chercher son salaire et surtout pas prendre des initiatives, il s’agit ici des personnes dites « désengagées ». Le 31% restant défini dans le reportage comme « activement désengagés », sont tellement malheureux au travail qu’ils viennent chaque jour pour démontrer leur malheur. Globalement, ces gens viennent au travail pour saboter et/ou détruire. En Suisse les chiffres sont légèrement meilleurs notamment dans le groupe "activement désengagés" mais la situation reste critique comme partout en Europe et dans le monde (Suisse: 16% engagés, 76% désengagés et 8% activement désengagés). Selon l’American Institute of Stress, le 75% des travailleurs qui consultent leur médecin le font à cause du stress au travail. De plus, selon une récente étude des universités de Berne et de Zürich[2], 25% des travailleurs suisse souffrent d’un stress excessif au travail. Selon un article parue dans "Le Temps"[3] , la Suisse est parmi les plus mal notées en matière de santé au travail et même les entreprises les plus performantes doivent faire face à un problème récurrent : l’absentéisme et son corollaire, le burn-out. Ce phénomène qui est en constante progression coûterait aux entreprises helvétiques plus de cinq milliards de francs par an. 

 

On dirait bien que l’on trouve encore dans nos systèmes managériaux actuels des méthodes de management pyramidaux destinés à une population qui n’a plus rien à voir avec les premiers ouvriers analphabètes du 18ème. Selon les commentateurs, notre situation contemporaine serait paradoxale car on demande aux salariés de plus en plus de performance et de réactivité dans des structures qui n’ont pas évoluées. Et comme nous passons d’une ère industrielle à une ère numérique dans laquelle les consommateurs sont partout, la valeur et l’innovation deviendront essentielles. Chaque employé comptera et devra créer cette valeur en innovant par lui-même. Aujourd’hui, les structures pyramidales lourdes dans lesquelles les employés se sentent étouffer par leur hiérarchie et où les chefs s’accrochent à leur pouvoir, ne pourront pas se transformer. D’après Isaac Getz, « les organisations qui resteront sur l’ancien modèle pyramidal, à terme, tendront à disparaître ». De plus, il faut également considérer, selon le reportage de Corinne Portier réalisé pour l’émission « Toutes Taxes Comprises » de la RTS que « dans un processus de libération d’entreprise, environ le 20% des travailleurs adhèrent spontanément à ce changement car cela correspond à leur manière d’être. Il y en a 5-10% qui sont réfractaires qui ne jouent pas le jeu mais en général ils s’excluent d’eux-mêmes et pour le 70% restant, trouvent leurs marques avec le temps.



[1] Worldwide, 13% of Employees Are Engaged at Work. Low workplace engagement offers opportunities to improve business outcomes: http://www.gallup.com/poll/165269/worldwide-employees-engaged-work.aspx

[2] Promotion Santé Suisse.24,8% des actifs souffrent d’un stress excessif au travail : http://promotionsante.ch/qui-sommes-nous/medias/communiques-de-presse/article/248-des-actifs-souffrent-dun-stress-excessif-au-travail.html

[3] La Suisse est parmi les plus mal notées en matière de santé au travail. Le Temps. Institut Universitaire Romand de Santé au Travail : http://www.letemps.ch/Page/Uuid/d1f97086-6b32-11e4-869e-7e370c0bf9b8/La_Suisse_est_parmi_les_plus_mal_not%C3%A9es_en_mati%C3%A8re_de_sant%C3%A9_au_travail